Sélection en master : les présidents d’université font plus pression

Au départ c’était la CPU, la Curif prend le relais, l’association des universités de recherche de donner son avis sur le master. Le but visé par les présidents d’université est d’expliquer au ministère qu’il est indispensable de faire une sélection et elle ne peut être négociée.

Nous sommes d’accord avec le fait que le Conseil d’État ait éclairci le vide juridique dans lequel auquel nous faisons face et qui avait facilité la prolifération des recours devant les tribunaux administratifs à propos de la sélection en M2. Maintenant, pour trouver une solution à une question aussi sérieuse il faut une volonté politique. On constate que celle volonté est inexistante. » Le président de l’UPMC, Jean Chambaz, a été clair, lors d’une conférence de presse qui s’est organisée rapidement vendredi 19 février après les dires de Najat Vallaud-Belkacem prononcés mercredi 17 février face aux députés, au cours des échanges sur la Stranes (Stratégie nationale de l’enseignement supérieur).

« Des discours irresponsables »

La ministre a en fait déclaré devant les élus que la liste qui doit lister les formations sélectives en M2 serait « très restrictive ». Un discours absolument « insondable », pour plusieurs présidents d’université. « L’ensemble des universités utilisent une sélection à ce niveau », conforme encore le président de l’UPMC.

« La ministre a utilisé des propos irresponsables en ce qui concerne la sélection en master, qui serait obscurantiste et défendrait la séparation sociale. Or cette distinction est faite à l’école et au collège », indique Jean Chambaz. « C’est ingouvernable et c’est désavantageux pour l’enseignement supérieur. Nous sommes abandonnés par notre ministère. Les collègues peuvent mettre un fin au recrutement des étudiants », ajoute Bruno Sire, le président de Toulouse 1.